DOCUMENT DE STRATÉGIE DE RÉDUCTION DE LA PAUVRETÉ (DSRP)

Le document complet du DSRP est disponible à l'adresse suivante: http://www.srp-guinee.org/bibliotheque.htm

 Pour plus d'information consultez le site internet suivant : http://www.srp-guinee.org

1. La nécessité d'améliorer le cadre global de son développement socio-économique a conduit le Gouvernement guinéen dès l’avènement de la 2ème République, en 1985, à mettre en œuvre un vaste programme de réformes économiques et financières. Ce programme visait à promouvoir un développement rationnel du potentiel du pays, en réduisant les déséquilibres macro-économiques dans le cadre d'un système économique libéral.

 2. La mise en œuvre du volet stabilisation au cours des dix premières années a permis de maîtriser l'inflation, d'obtenir des progrès significatifs dans le domaine des finances publiques, et de réaliser des taux moyens de croissance économique supérieurs à la croissance démographique. Entre 1995 et 1999, par exemple, le taux de croissance économique était en moyenne de 4,4 pour cent alors que le taux de croissance de la population se situait autour de 2,8 pour cent, ce qui représente un taux de croissance per capita de 1,6 pour cent.

 3. Par ailleurs, la mise en œuvre de programmes et projets dans les secteurs sociaux ont fait passer le taux brut de scolarisation de 29 pour cent en 1989 à 56,7 pour cent en 2000, et le taux de mortalité infantile de 136,3 pour mille en 1992 à 98 pour mille en 1999. L'accès à l'eau potable est passé de moins de 30 pour cent en 1989 à 49 pour cent en 1999 (Tableau 2).

 4. Malgré ces acquis sur le plan social, des améliorations substantielles doivent être obtenues : en Guinée, le taux de mortalité infantile s’élevait à 98‰ et le taux net de scolarisation au primaire à 41,5% en 1999, contre respectivement 106‰ (1998) et 56,2% (1997) en moyenne pour l’Afrique subsaharienne.

 5. Pour l’ensemble des pays les moins avancés, ces indicateurs étaient évalués en 1997 respectivement à 104‰ (1998) et 60,4% (1997) (voir Tableau 1). A cela il faut ajouter le défi que constitue la propagation silencieuse du SIDA dans le pays : en 1998 le taux de prévalence du VIH au sein de la population adulte était estimée de 2 à 4%. Une enquête permettant de déterminer le taux  actuel a été lancée récemment.

6. Par ailleurs, le profil de la pauvreté élaboré en 1994/95 avait révélé que 40,3 pour cent de la population vivaient encore en dessous du seuil de pauvreté, évalué à l’époque à environ 300 $ US par an et par personne. Cette situation ne semble pas s’être améliorée. En effet, ces dernières années, la performance globale de l'économie a été instable. Une telle situation est un handicap sérieux dans la lutte contre la pauvreté et reste en deçà des potentialités naturelles et humaines du pays et des attentes des populations guinéennes.  

 7. C'est pourquoi, le Gouvernement a formulé entre 1996  et 1998 une vision globale du développement, consignée dans le document "Guinée, vision 2010" et basée sur les principes de: justice,  responsabilité, solidarité, et participation; l’objectif ultime étant l’amélioration des conditions de vie des populations. 

 8. Pour opérationnaliser cette vision, et sur la base d’une large consultation des populations et de la Société civile, le Gouvernement a formulé un programme national de développement humain (PNDH) et a participé à la définition de la stratégie d’assistance de la Banque Mondiale à la Guinée (SAG). 

 9. C’est dans cet esprit que divers programmes et projets ont été initiés et mis en œuvre dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’approvisionnement en eau, de l’agriculture et des transports. Cependant, ces programmes ont vite montré les limites de leur efficacité, en raison du manque d’une stratégie cohérente d’interventions qui recueille l’adhésion de tous les intervenants.  

 10. Face à ce constat, il était devenu impérieux de concevoir et de mettre en œuvre une approche intégrée du problème de lutte contre la pauvreté. Le présent document de stratégie devra servir de cadre pour l’ensemble des politiques et programmes de développement à venir.  

 11. Pour son élaboration et sa mise en œuvre, le Gouvernement a décidé de faire de la participation le socle du processus. Ainsi, au niveau central, l’exercice d’élaboration du DSRP a requis la contribution de tous les acteurs (Gouvernement, Institutions républicaines, l’Université, ONG, organisations professionnelles et syndicales et partenaires au développement) dans les réflexions au sein des équipes techniques (Comité interministériel, groupes thématiques) ainsi que dans la dynamique des concertations engagées. Au niveau de la base, trois séries de consultations ont été organisées, permettant aux populations notamment les couches les plus vulnérables d’orienter le choix des objectifs à atteindre et des stratégies à mettre en place, de partager, d’amender et de valider les DSRP intérimaire et final (Tel qu’il a été conduit, le processus participatif est présenté à l’annexe II.4).  

 12. Plus qu’un document du Gouvernement, le DSRP est un document national, dans son esprit, son contenu ainsi que dans sa formulation. Le citoyen guinéen en est l’acteur principal et le bénéficiaire ultime.  

 13. A ce titre, sa mise en œuvre mérite un engagement de tous les acteurs de la vie nationale, y compris les partenaires au développement. De la part de ces partenaires, elle requiert une adaptation de leurs politiques et procédures en vigueur et une revue de l’assistance technique pour être centrée sur l’appropriation de la stratégie, notamment dans ses aspects mise en œuvre, suivi et évaluation. Elle requiert également un concours substantiel dans la mobilisation des ressources nécessaires. Pour sa part, le Gouvernement s’engage à lui consacrer en priorité l’ensemble de ses ressources.  

14. Enfin, la mise en œuvre efficace de la stratégie doit passer par l’institutionnalisation du processus participatif et la responsabilisation de tous les acteurs, notamment les populations à la base, dans la gestion, le suivi et l’évaluation des actions. L’impact doit être lisible en priorité sur les dites populations. C’est d’elles que procède prioritairement la pérennité de la stratégie. 

 15. Outre la participation et la responsabilisation, cette nouvelle approche repose sur les bases ci-après: i) objectivité dans la prise de décisions (besoin d'informations fiables); ii) approche globale dans la réflexion et priorisation des actions et démarche itérative; iii) prise en compte de la dimension Genre et des groupes vulnérables ; iv) efficacité et efficience dans la fourniture de services publics; et v) transparence dans la gestion des affaires publiques.  

16. Le présent document expose les grandes lignes de la stratégie. Dans sa première partie, il s’articule autour des axes suivants : l’analyse de la pauvreté en Guinée, la revue du cadre stratégique actuel, les objectifs de lutte contre la pauvreté, la stratégie à mettre en œuvre (Stabilisation macro-économique et croissance, développement et accès équitable aux services de base, gouvernance et renforcement du cadre institutionnel et humain), le système de suivi et évaluation et les risques liés à sa mise en œuvre. La seconde partie est consacrée aux annexes (matrices des stratégies et des coûts, les indicateurs au point d’achèvement, le calendrier d’élaboration du DSRP, la déclaration de politique gouvernementale pour la lutte contre la pauvreté, les stratégies de développement de l’éducation et de la santé, le processus participatif et la stratégie de communication et culture). 

 

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